
Auberge Saint-Jacques
4 Rue au Lin Orléans
A Orléans, Eugène Fournier, c’était pas un cuistot du dimanche. Le bonhomme venait de l’Allier, mais il avait fait ses classes à Paris, chez Ledoyen, là où les casseroles ont du pedigree.
En 1935, il prend les commandes de l’Auberge Saint-Jacques, au 4 rue au Lin à Orléans. Et la petite auberge du quartier se transforme en ambassade du bien-manger.
Mais en 1940, Henri, son fils, s’engage dans l’armée et est capturé sur le front. Emprisonné, il s’évade du stalag… deux fois. Apparemment, une seule évasion, pour lui, c’était juste un échauffement avant d’entrer dans la résistance.
Après la guerre, il reprend les fourneaux. Et là, il devient un chef hors pair. À Saint-Jacques, on ne servait pas des assiettes : on envoyait des déclarations d’amour à l’estomac.
En 1951 la famille rachète l’auberge de la Montespan et travaille sur les deux fourneaux. Henri à Saint-Jacques pendant que Jean, l’autre fils prend les commandes de la Montespan.
En 1971, l’Auberge Saint-Jacques décroche la Clé d’or de la gastronomie, du Gault et Millau.
Henri défend le terroir avec les manches retroussées : sandre, saumon de Loire, gibier de Sologne, marcassin…
Lors de leurs passages à Orléans, Mitterrand et Chirac viennent eux aussi tremper la fourchette dans la cuisine locale.
L’auberge est vendue en 1983 à Michel Pipet, ancien second de Henri pour devenir le restaurant « Les Antiquaires » .
Les Fournier sont ainsi devenus l’une des grandes familles de la gastronomie orléanaise du XXᵉ siècle. Et quand une famille pareille passait à table, même l’Histoire demandait du rab.


